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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 21:29

 

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Les Echos - Les réactions de la classe politique

Le gouvernement

Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères a estimé samedi que la perte par la France de sa notation triple A n'était « pas un cataclysme », appelant le pays au « sang-froid » et à la « persévérance » dans les réformes économiques. « Je veux insister sur le fait que cette agence (Standard & Poor's, NDLR) a dégradé non pas la France, mais a pris en considération la situation de la zone euro », a estimé le chef de la diplomatie à son arrivée à Rangoun, où il est arrivé en fin de journée pour un voyage de deux jours au cours duquel il doit prendre le pouls des réformes politiques en Birmanie. « Il faut donc réagir avec sang-froid, ce n'est pas en dramatisant que l'on servira les intérêts du pays, je regrette que certains s'affolent ».

Frédéric Lefebvre, secrétaire d'Etat au Commerce : « Nous sommes en face d'un jugement d'une agence de notation. Une autre agence vient de confirmer le triple A. Que chacun reste mesuré. La France a choisi le chemin de l'effort et du courage (...) A Bercy nous accompagnons les acteurs de l'économie réelle pour les aider à conquérir des marchés mondiaux, investir dans l'avenir. Le gouvernement garde son sang froid et pense à la suite (communiqué)

Gérard Longuet, , ministre de la Défense et des Anciens combattants : « la perte du « triple A » concerne toute la France. Personne ne doit aujourd'hui s'en servir comme argument électoral. On aurait pu attendre de la part du Parti Socialiste davantage de responsabilité dans la conduite de notre politique économique. Le refus de voter la règle d'or illustre malheureusement cette fuite en avant d'un parti qui a largement contribué à affaiblir, dès 1981, depuis les années Mitterrand, par des mesures démagogiques, la situation économique de la France. (communiqué).

Les candidats à la Présidentielle

François Hollande, candidat socialiste à l'élection présidentielle française, estime ce samedi matin que la bataille du président Nicolas Sarkozy pour conserver la note « AAA » attribuée par les agences à la dette de la France « a été perdue », ajoutant : « Je le regrette ». « C'est une politique qui a été dégradée » et « la politique menée depuis 2007 qui est mise en cause », a affirmé François Hollande, dans une déclaration solennelle depuis son QG de campagne à Paris.

François Bayrou, candidat du MoDem à la présidentielle : «Toutes les déclarations optimistes et péremptoires de ces dernières mois sont donc cruellement démenties par les faits». «C'est en réalité une double dégradation», à la fois de «notre note souveraine, qui va affecter la réputation de notre pays» mais aussi «par rapport à notre principal voisin, l'Allemagne, avec qui jusqu'à maintenant nous mettions largement en scène notre égalité de statut». «Notre statut en Europe va souffrir symboliquement et donc politiquement». «En dépit des avertissements multiples, notamment sur les déficits et la dette, ces dernières années auront conduit à un affaiblissement de notre pays, non pas un affaiblissement venu de l'extérieur mais un affaiblissement continu dû à la situation intérieure de la France». Samedi il a également jugé qu'il y avait « une co-responsabilité » de l'UMP et du PS et des « gouvernements successifs ».

Eva Joly, candidate d'EELV à la présidentielle : « La dégradation de la note de la France traduit l'échec de la politique du gouvernement et l'échec de la politique de Nicolas Sarkozy, de ses cadeaux fiscaux, et démontre que la politique d'austérité qui n'était pas demandée par les agences de notation de cette façon, a été inopérante ». « Plus que jamais, il est temps de redresser la barre, l'austérité ça ne sert à rien, comme on le voit en Grèce » car alors « le pays se bloque et l'économie se dégrade ». Eva Joly a aussi fustigé les « mesures inutiles et contre-performantes » des politiques d'austérité qui « créent le malheur ». Pour elle, Nicolas Sarkozy « a aggravé la crise qui était déjà là en 2007, c'est le moment qu'il a choisi pour introduire le bouclier fiscal. Sa politique de cadeaux a contribué à aggraver les déficits ». Dans ces conditions, elle a jugé que la campagne présidentielle était d'une « grande incertitude » et « difficilement anticipable ».

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche : « L'agence de notation Standard&Poors déclare la guerre de la finance contre la France. Il faut résister », a écrit le candidat à la présidentielle dans un communiqué. « La Banque Centrale doit annoncer immédiatement qu'elle prêtera à la France à un taux très bas. Faute de quoi il faut suspendre les versement français au budget de l'Union européenne et couvrir les prochaines tranches avec un emprunt forcé sur les banques françaises qui viennent d'être gavées par la BCE ».

Marine Le Pen, présidente du Front national : « C'est la fin du mythe du président protecteur (...). Ca disqualifie tous ceux qui de, Nicolas Sarkozy à François Hollande en passant par François Bayrou, ont défendu et imposé la monnaie unique ».

Jean-Pierre Chevènement,candidat MRC à l'élection présidentielle : »La perte du triple A par la France illustre la toute-puissance des marchés financiers et le fait que notre politique se fait désormais à la corbeille, contrairement aux assertions du Président de la république. Elle sanctionne surtout la cécité de nos élites, dont la monnaie unique a été depuis des décennies le projet commun ». « La perte du triple A va fragiliser la zone euro. Il n'est pas sûr que la France puisse contribuer encore longtemps au Fonds européen de stabilité financière. L'Allemagne ne pourra pas demeurer le seul contributeur d'une zone euro transformée en tonneau des Danaïdes. Ou bien elle acceptera que la BCE puisse recourir à la création monétaire, ou bien il sera temps alors d'organiser la mutation de l'euro, de monnaie unique en monnaie commune. » (communiqué)

Christine Boutin, candidate du Parti chrétien-démocrate : « Nicolas Sarkozy est maintenant au pied du mur, ce n'est plus le temps des mesurettes ». « Ce matin, tout le monde débattait d'une inscription du mariage homosexuel dans le projet de Nicolas Sarkozy et maintenant, nous perdons le triple A... Je souligne le décalage dans l'urgence des décisions à prendre ».

Les autres politiques :

Michel Sapin, chargé du projet présidentiel de François Hollande : les investisseurs peuvent encore « avoir confiance » en la France, mais plus en Nicolas Sarkozy, « président dégradé », a-t-il déclaré en réaction à l'intervention de François Fillon sur la perte du tripe A. « En la France, ils peuvent avoir confiance, parce que la France a des atouts, des capacités, la France se redressera si une autre politique est menée. Mais dans ce président de la République et la politique qu'il a menée, ils ne peuvent plus avoir confiance », a répondu M. Sapin à France Info.

Ségolène Royal, ex-candidate à l'Elysée : «Je demande d'urgence une réforme du système bancaire. C'est la financiarisation de l'économie qui nous affaiblit». «Il faut que les petites et moyennes entreprises de notre pays trouvent d'urgence un accès au crédit pour relancer l'activité économique». «Tant que les banques commanderont au lieu d'obéir, l'économie française se dégradera».

Philippe Marini, président UMP de la commission des Finances du Sénat : « C'est un évènement qui a déjà été très largement commenté et dont les conséquences en matière de taux pour le financement de la dette ont déjà été intégrés ».

Jean-Marie Le Guen, député PS de Paris : « C'est d'abord une terrible nouvelle pour la France, notre pays va payer très lourdement les conséquences de cette décision ». « C'est un triple échec pour Nicolas Sarkozy : échec de sa politique économique depuis 5 ans qui a a mené la France dans cette situation », « échec de la gestion de la crise », et « échec social ». « Nous ne sommes pas égaux devant la crise », « la France est particulièrement visée parce qu'elle a accru sa dette de façon inconsidérée par un laxisme fiscal que nous n'avons cessé de dénoncer » (sur BFM-TV).

Yvan Lachaud, président du groupe Nouveau centre à l'Assemblée nationale, « adresse un carton rouge à ceux qui veulent exploiter l'abaissement de la note de la France par une agence de notation financière à des fins purement politiciennes (...) On assiste ce soir à un déchaînement de réactions contre Nicolas Sarkozy alors que la situation de la dette de la France n'est pas comme une génération spontanée apparue sous ce quinquennat, elle est le fruit de 30 ans de politiques budgétaires laxistes que les centristes ont toujours dénoncées avec force » (...) .« Le seul discours responsable, celui partagé aujourd'hui par le Président de la République, consiste à dire aux Français que le problème de nos déficits publics est préoccupant et sérieux. Le chemin pour en sortir passera par des efforts qui doivent être partagés et équilibrés pour être acceptés par tous ». (communiqué).

Claude Bartolone, député socialiste : « M. Sarkozy aura beau jeu de minimiser les effets de cette dégradation et de tenter de reporter la responsabilité sur Jaurès, Blum, Mitterrand ou d'autres. Non seulement il porte la responsabilité exclusive de cet échec, mais en plus il en est trois fois coupable. ». « En l'espace d'un quinquennat, M. Sarkozy est à la fois coupable d'avoir creusé la dette de 612 milliards, coupable d'avoir dilapidé 75 milliards dans des cadeaux fiscaux, et coupable d'avoir éteint les moteurs de la croissance que sont l'industrie et la consommation des ménages ». (communiqué)

Laurent Hénard, député, secrétaire général du Parti radical: « le Parti radical rappelle que Jean-Louis Borloo et les députés radicaux ont déposé en décembre dernier une proposition de loi « Paquet Justice fiscale », décomposée en 4 mesures, qui rapporterait 24 milliards d'euros et permettrait la reconquête de la maîtrise des comptes publics, par des recettes justes, équitables sans peser sur les ménages français et l'économie réelle. Aussi, le Parti Radical réitère sa demande que celle-ci soit inscrite dans les plus brefs délais à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale » (communiqué).

- Axel Poniatowski (UMP), président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale : « Le triple A français n'est abaissé que d'un cran plutôt que de deux comme attendu, ce qui est finalement une bonne nouvelle (...) L'on peut cependant tirer deux enseignements de cette dégradation : le premier confirme la perspicacité de la politique économique menée par Nicolas Sarkozy depuis le début de la crise (...) Le second enseignement sonne comme une mise en garde. La France doit continuer le chemin des réformes en faisant le choix, non pas d'un président dépensier et timoré, mais en conservant un chef d'Etat visionnaire et protecteur ». (communiqué).

Les partenaires sociaux

Jean-François Roubaud, président de la CGPME : « Il est évident que ce n'est pas un signal positif et ce n'est pas ce qui va améliorer le moral de nos chefs d'entreprise et de l'économie française ». « Evidemment, on va être encore un peu plus dans l'attentisme en ce qui concerne les investissements, les embauches, etc. ». « Ce que je crains aussi, c'est une restriction un peu plus importante du crédit dans les mois à venir », a-t-il dit, tout en espérant que « les taux d'intérêt tiennent déjà compte pour une grande partie de cette dégradation » attendue depuis plusieurs semaines. Les patrons avaient besoin de « signes tangibles d'amélioration » et en percevaient déjà un dans l'amélioration de leurs carnets de commande en trois mois, mais « cette perte du triple A ne va pas aller dans le bon sens ».

 

 

Le Monde

 

 

La perte du triple A et la croissance faible

Une politique de réformes fondée sur la seule austérité n'est pas une solution. Le laxisme budgétaire est impossible. La France est donc sur le fil du rasoir : elle n'a pas d'autre choix que de poursuivre le redressement annoncé de ses finances publiques, tout en trouvant le moyen de ne pas s'enkyster durablement dans une croissance faible. Telle est la teneur principale du message délivré par Standard & Poor's dans les attendus de sa décision de dégradation.

L'agence de notation américaine évalue à « une sur trois » la probabilité d'une nouvelle dégradation en 2012 et 2013. Une telle perspective deviendrait réalité si les finances publiques de la France s'écartaient de la trajectoire de redressement prévue.

A contrario, précise S & P, la note française pourrait être stabilisée à son niveau actuel (AA+) si  les autorités réussissent à réduire encore le déficit public de façon à stabiliser la part de la dette publique dans le produit intérieur brut (PIB) d'ici deux à trois ans et à mettre en place des réformes qui permettent de soutenir la croissance économique.

« Les mesures budgétaires annoncées jusqu'à maintenant par le gouvernement français pourraient se révéler insuffisantes pour atteindre les objectifs de déficit public prévus en 2012 [4,5% du PIB] et en 2013 [3%] si la croissance devait être inférieure aux prévisions gouvernementales [respectivement de 1% et 2%]. Si le déficit public français devait rester proche de ses niveaux actuels, ce qui entraînerait une augmentation progressive du ratio dette publique sur PIB de plus de 80% actuellement à plus de 100%, ou si la croissance économique devait rester durablement faible, cela pourrait conduire à une dégradation supplémentaire d'un cran de la note de la France », précise S & P.

De ce point de vue, comme l'ont discrètement noté les économistes d'HSBC dans une étude du 15 janvier, les prévisions de croissance «trop optimistes » du gouvernement pour 2012 et au-delà se sont révélées contre-productives.  A partir de là, écrivent-ils, le risque est que les taux d'intérêt continuent d'augmenter. Si la dégradation de la note souveraine de la France alourdissait de 100 points de base les taux d'intérêt sur les OAT (obligations assimilables du Trésor) à dix ans, le charge de la dette pourrait augmenter de 3 milliards en 2012, de 4,6 milliards en 2013 et de 6 milliards en 2014, ajoutent-ils. A partir d'un certain niveau de taux d'intérêt (5% et au-delà), le risque existe que le ratio dette publique sur PIB ne puisse pas être stabilisé avant 2020.

L'un des principaux problèmes qui se posera au futur président à au gouvernement qui sortira des urnes à la mi-2012, est donc de trouver les moyens de désendetter le pays tout en retrouvant le chemin de la croissance.

Dans une analyse publiée lundi 16 janvier, Patrick Artus, Chief Economist de Natixis, fait observer que « l'affaiblissement de la croissance à court terme dû aux politiques budgétaires n'aurait pas de conséquence grave sur la solvabilité budgétaire de la France si la croissance potentielle du pays était plus forte ». Or, note-t-il, celle-ci étant « de l'ordre de 1% par an au mieux »« il n'y a donc pas de perspective compensatrice de croissance forte à moyen terme après la croissance quasi-nulle de 2012 en France ».

Agir sur la croissance potentielle est possible : « il ne s'agit pas d'agir sur la demande à court terme : il s'agit de stimuler l'offre ». Patrick Artus l'estime possible « même à un horizon temporel assez court, si une réforme fiscale réduit le coût du travail » en particulier dans l'industrie. Au-delà de sa dimension tactique dans la campagne présidentielle, l'offensive de Nicolas Sarkozy sur la TVA sociale s'explique pour une large part par ces mêmes raisons.

Réforme des agences de notations

"Ce ne sont pas les agences qui doivent déterminer les politiques publiques à mener." C'est le point sur lequel s'accordent les différents partis politiques français, après la dégradation de la note souveraine de la France de AAA à AA+, vendredi 13 janvier, par l'agence de notation Standard & Poor's (S & P). L'ensemble des candidats à la présidentielle jugent démesuré le poids accordé aux trois principales agences mondiales : S & P, Moody's et Fitch. Les deux premières sont américaines. Toutes sont privées et se partagent 90 % du marché de la notation financière mondiale.

Depuis leur création, Moody's, Standard & Poor's et Fitch ont à de nombreuses reprises été conspuées, notamment pour leur rôle dans les crises économiques. Les critiques à leur encontre ont redoublé depuis la crise financière de 2008 : conflit d'intérêts, méthodes contestables, moyens limités...

Quant aux solutions préconisées pour réduire le pouvoir des agences de notation, chacun a sa formule. Une proposition domine les débats : celle de créer une agence de notation européenne. C'est le souhait du PS et le MoDem semble également tenté par cette option. Les écologistes proposent une variante. L'UMP, qui veut recadrer le travail des agences de notation, est contre. De leur côté, le FN et le Parti de gauche entendent contourner les agences actuelles.

"RÔLE DÉMESURÉ"

Depuis la crise financière de 2008, Nicolas Sarkozy tient des propos très critiques à l'encontre des agences de notation, qu'il souhaite réguler. Il a tour à tour exigé le contrôle de celles "qui ont été défaillantes", lors de son discours de Toulon, le 25 septembre 2008, demandé des sanctions à leur encontre, en octobre 2008, répété son souhait de les voir passer sous contrôle, en avril 2009 ou dénoncé leur rôle démesuré, en mai 2010.

M. Sarkozy assure aujourd'hui que ce ne sont pas ces sociétés qui dictent sa politique. Malgré deux textes adoptés par la Commission européenne, depuis 2009, pour réguler leur activité, sans que leur influence ait pour autant été significativement réduite.

Si l'UMP ne détaille pas sa position concernant les agences de notation dans son projet présidentiel, le secrétaire national du parti chargé de la fiscalité, Jérôme Chartier, joint par Le Monde.fr, souhaite que "les banques centrales établissent elles-mêmes, chacune pour ce qui les concerne, leurs propres critères de notation sur les titres de dette qu'elles acceptent en garantie de financement". Objectif : empêcher que les agences de notation émettent un avis qui devienne structurant pour les banques centrales.

"Cela déchargerait les agences de notation – qui ont trop de pouvoir malgré elles – d'une responsabilité dont elles ne veulent pas", précise le député UMP du Val-d'Oise. M. Chartier, qui ne veut "pas tirer à boulets rouges sur les agences de notation", estime que "les banques centrales se sont reposées sur les critères de ces agences par facilité". M. Chartier se dit par ailleurs opposé à la création d'une agence de notation européenne publique : "Personne ne suivrait son point de vue, qui serait perçu comme subjectif."

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a justement appelé, lundi, à "apprendre à se passer" des agences de notation.

"AGENCE PUBLIQUE EUROPÉENNE"

François Hollande défend lui une position différente : "La meilleure façon de protéger la France, c'est de faire l'effort de redressement dans la justice et de mettre en place au niveau européen les instruments pour vaincre la spéculation. Dans cet esprit, je relancerai l'idée d'une agence publique européenne de notation", a déclaré le candidat socialiste, dans un entretien au Monde daté du 16 janvier  (en édition abonnés).

Le directeur de campagne du candidat socialiste, Pierre Moscovici, interrogé par Le Monde.fr, indique que M. Hollande "ne veut pas se mettre dans la main des agences de notation", contrairement à "Nicolas Sarkozy qui leur a accordé un poids tel qu'il a soumis sa politique à leur jugement, en faisant du triple A un trésor national, et en sanctifiant leur avis".

"Les agences de notation ont des critères, des capitaux et des moments particuliers dans leur prise de décision", souligne M. Moscovici. "François Hollande pense qu'il est possible de leur permettre d'agir en toute autonomie. Il propose une agence de notation européenne, qui serait publique et permettrait d'évaluer la situation des finances de la zone euro de manière objective et sereine, sans que cette décision soit un couperet ou une promotion", explique M. Moscovici.

"François Hollande proposera la mise en place de cette agence à ses partenaires du Conseil européen, au début du quinquennat", précise-t-il.

La mise en place d'une agence de notation européenne figure dans le programme présidentiel du PS (voir page 15, en PDF). Le parti propose "d'établir une agence de notation publique sous l'égide de l'Eurogroupe", estimant qu'il "n'est pas légitime que trois agences de notation contrôlent plus de 85 % du marché mondial de l'estimation des risques pris par les banques, les entreprises, les collectivités locales et les Etats emprunteurs, et que le coût du crédit oscille selon la note qu'elles attribuent".

La Commission européenne a déjà manifesté son opposition à un tel projet. En septembre 2011, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a écarté l'idée d'une agence de notation publique européenne.

"SOUVERAINETÉ MENACÉE"

Dans son projet présidentiel, le FN ne précise pas sa position sur le sujet, écrivant seulement que "la souveraineté de la France est menacée sous la pression grandissante des marchés et des agences de notation".

Interrogé par Le Monde.fr, le directeur stratégique de la campagne de Marine Le Pen, Florian Philippot, indique que le Front national veut "prendre le mal à la racine". Le parti souhaite "mettre fin au monopole des marchés financiers dans le financement de notre dette en redonnant la possibilité à la Banque de France de prêter directement à l'Etat français".

Florian Philippot pense que la mise en œuvre de cette réforme "permettra à l'Etat de réduire sa dépendance à l'égard des marchés financiers et d'emprunter à un taux plus bas". Il juge illusoire de vouloir changer la gouvernance des agences de notation ou d'en créer une autre pour les contourner. "Les marchés financiers se créeront alors un autre baromètre, qui jouera le même rôle que les agences de notation actuelles", estime-t-il.

"LE RÔLE DE LA COMMISSION"

Le candidat du MoDem, François Bayrou, juge qu'"il est de la responsabilité des institutions européennes de garantir la vérité des chiffres et la loyauté des engagements pris". Dans ce sens, le centriste estime que "c'est le rôle de la Commission européenne d'être la première agence de notation ou de faire naître auprès d'elle une agence de notation, prévisible et lisible pour tous les acteurs économiques et politiques". "Ma conviction est qu'il sera de la responsabilité de la Banque centrale européenne [BCE] d'intervenir pour empêcher une dégradation de la situation lorsque nous en serons menacés", a-t-il déclaré, samedi, lors d'un discours à Paris sur le redressement de la France.

Le député européen Robert Rochefort, spécialiste des questions économiques au sein du parti, a déjà plaidé de son côté pour "la création d'une agence européenne indépendante", sans laquelle "le rôle néfaste des agences de notation financière ne changerait pas". Pour M. Rochefort, cette agence européenne aurait le mérite de "créer du pluralisme dans les évaluations" face aux trois grandes, dont il remet en question l'indépendance et l'objectivité.

"UNE RUSTINE"

"Le Front de gauche veut empêcher les agences de notation de nuire, en leur interdisant de noter les Etats", explique Eric Coquerel, conseiller spécial de Jean-Luc Mélenchon, interrogé par Le Monde.fr. M. Coquerel ne préconise pas la création d'une agence publique européenne, qui ne serait, selon lui, qu'"une rustine".

D'une manière générale, M. Coquerel pense aussi qu'"il faut attaquer ce qui permet aux agences de prospérer : le système libéral et les marchés financiers, à qui on a abandonné le contrôle des politiques économiques dans un marché libre et sans contrainte". Pour le conseiller spécial de Jean-Luc Mélenchon, "les responsables politiques doivent être aux commandes et reprendre le contrôle sur les marchés financiers et les banques centrales pour réduire l'influence des agences de notation".

EVA JOLY PROPOSE UN "JUSTE MILIEU"

Europe Ecologie-Les Verts préconise également d'"inciter fortement l'Europe à créer des agences de notations publiques" dans son projet pour 2012

Interrogé par Le Monde.fr, le député européen Pascal Canfin, conseiller économique d'Eva Joly, explique qu'il n'est pas favorable à la mise en place d'une agence publique pour évaluer la note d'un Etat. Pour trouver "un juste milieu", M. Canfin juge préférable de confier cette tâche à une fondation publique, dans laquelle l'ensemble des parties prenantes (Etats, Commission européenne, banques centrales, agences de notation et investisseurs) seraient représentées, de manière à éviter des conflits d'intérêts publics.

Le conseiller économique d'Eva Joly avance quatre propositions : "Retirer des textes européens les références faites aux notes des agences de notation" ; obliger les agences à intégrer les risques sociaux et environnementaux, alors qu'elles n'ont aujourd'hui qu'une approche financière ; prendre des mesures pour empêcher les conflis d'intérêts privés, en empêchant à un investisseur d'être à la fois client et actionnaire d'une agence de notation. Enfin, M. Canfin veut "interdire aux agences de notation de faire des préconisations de politiques publiques".

Par Alexandre Lemarié

 

Dégradation 13 janvier 2012 perte triple a france

 

 

 

Sources : 

 

http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0201842345147-perte-du-aaa-toutes-les-reactions-275053.php

http://www.rtl.fr/actualites/politique/article/le-face-a-face-du-mardi-sarkozy-peut-il-etre-tenu-pour-responsable-de-la-perte-du-triple-a-7742338523

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/01/17/presidentielle-ce-que-proposent-les-candidats-pour-reguler-les-agences-de-notation_1630021_1471069.html

http://bercy.blog.lemonde.fr/2012/01/16/la-perte-du-triple-aaa-et-le-piege-de-la-croissance-faible/

Par David Chappat - Publié dans : Economie - Communauté : l'actualité en général
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